Comptoir de la Main d'Or
Arnaud Rist
Autentifier le mobilier chinois
Autentifier le mobilier chinois
Authentifier le mobilier chinois

Que le mobilier chinois inspire une véritable frénésie, ce n’est pas une nouveauté. Sous Napoléon III, les chinoiseries baroques surchargées, incrustées de nacre et d’ivoire, firent le bonheur des foyers bourgeois, et dans les années 1925, les amateurs fortunés amassèrent les objets d’art asiatique. Aujourd’hui, ceux qui en ont les moyens recherchent le mobilier Ming, dynastie qui a régné aux XVI et XVIIe siècles, mais dont les modèles ont été réalisés jusqu’au XIXe. Des meubles pas du tout couverts de dragons ou de volutes, marqués au contraire par la simplicité des lignes, d’où leur bonne intégration dans un univers design et dépouillé.
Mais ces articles demeurent rares. Seuls les lettrés, caste culturelle qui détenait alors simultanément le pouvoir administratif, en possédaient. Ces pièces étaient plus répandues en Chine du Sud, vers Shanghai, Souzhou et Hangzhou, ville beaucoup plus raffinées que ne l’était Pékin. Alors, si l’on vous annonce du mobilier XVII ou XVIIIe dans une boutique de décoration ou chez un antiquaire, méfiez-vous ! Les très beaux meubles Ming anciens restent rarissimes, déjà partis de Chine pour l’Europe ou pour Taiwan il y a belle lurette. Les autres ont beaucoup souffert lors de la Révolution Culturelle.
« Si vous étiez surpris par les gardes rouges avec un meuble de lettré à votre domicile, on vous passait à tabac. Cela faisait partie des quatre interdictions édictées par Mao, avec le culte des ancêtres, le fait de lire des livres anciens ou de s’adonner à la peinture traditionnelle. Et donc les gens les cachaient, les dégradaient volontairement pour éliminer leur aspect bourgeois, en mettant par exemple dessus des ferrures de volet », rappelle Arnaud Rist, ébéniste restaurateur qui dégotte en Chine des meubles anciens exceptionnels vendus au Comptoir de la Main d’or. Une adresse où l’on a un des meilleurs rapports qualité/prix (...).

LE PARTICULIER pratique n°290 - Avril 2004.
Extrait du dossier décoration, Meubles : la veine ethnique